Liège a enfin un studio de Lagree, et voici pourquoi ce sport rend accro
Dire que notre curiosité a été piquée quand on a entendu parler du Lagree est un euphémisme. « Comme le Pilates, mais pour les fans de cardio », avec une méthode à haute intensité concentrée sur l’épuisement musculaire. Comprendre : à temps de séance égal, des effets, si pas décuplés, du moins, beaucoup plus profonds. On n’avait qu’une hâte, s’y frotter. Mais Liège étant quelque peu provinciale (et ça fait partie de son charme) on était résignés à ce que des studios essaiment d’abord à Anvers et Bruxelles avant d’enfin arriver en Principauté.
C’était toutefois sans compter sur France Thiry, 30 ans, diplômée d’HEC, consultante en énergie, mais aussi mordue de voyages et férue de sport. Quand, il y a un peu moins d’un an de ça, elle découvre le Lagree à Bali (« J’avais envie de tester une discipline moins connue en Europe ») c’est le coup de foudre. Le coup de bambou, aussi. « Je n’avais pas mangé avant la séance, il faisait plus de 30 degrés, donc j’ai tenu 10 minutes au lieu de 50 avant de devoir aller m’allonger les pieds en l’air ».
Pas de quoi la décourager pour autant : malgré cette chute de tens’ inopportune, France adore ce néo-sport. Tellement, même, que de retour à Liège, elle cherche des formations et se rend tous les week-ends à Paris pour devenir instructrice certifiée Lagree. Ce 16 février, elle ouvre en bord d’eau son Opale Studio, « le 1er de la Province, le 2e de Wallonie et le 3e de Belgique » – pour la provincialité, on repassera.
C’est qu’on serait presque iconoclastes ! Et qui dit nouveau sport dit mélange de curiosité et de perplexité.
Tout sauf un « sport de filles »
« C’est un sport de filles » me balance ainsi ma tendre moitié quand je lui propose d’aller tester le Lagree à mes côtés.
D’où tient-il cette information, sachant que le Lagree tient son nom de son fondateur, Sébastien Lagree, un Franco-américain tout ce qu’il y a de plus masculin ? Mystère. Mais ayant déjà lu pas mal sur la discipline en question, dont cet excellent article de ma consoeur et collègue Justine Leupe, je ricane sous cape. Après lui avoir présenté la proposition autrement et m’être ainsi assurée de sa présence (« ce sera un date Chéri » – les hommes sont mystérieux et prévisibles), on arrive au studio à l’heure où d’autres prennent l’apéro.
On fait connaissance, on échange nos chaussettes pour deux paires anti-dérapantes (louées ou vendues sur place) et on laisse France nous expliquer à quelle sauce on va être mangés.
Même si, quand elle insiste bien sur le fait qu’il y a des sucreries et un divan pour s’allonger « si on se sent mal », j’avale de travers. Ne sait-elle pas que je joue au tennis entre 3 et 5h par semaine et que parfois je cours 15 kilomètres sous la pluie pour mon plaisir ? Ne voit-elle pas qu’elle a affaire à une sportive ?!?
Douleur exquise
Dès le premier exercice, je repose cette question d’un air tout aussi outré, mais je l’adresse cette fois à la machine sur laquelle je me contorsionne.
C’est qu’ainsi qu’on pourrait s’y attendre de la part d’une discipline pensée pour faire trembler, transpirer, et renforcer les muscles à haute intensité, ça chatte.
Tellement que dès le premier enchaînement d’abdos, donc, je me retrouve à me demander sérieusement si en fait, je vis une hallucination extrêmement sophistiquée. Et qu’au lieu de la personne que je crois être, une trentenaire raisonnablement active dotée d’un squelette et de muscles, je suis en fait une de ces silhouettes vides et molles qui s’agitent devant les carwash. OÙ SONT MES MUSCLES ?!? Ai-je même des muscles ? SUIS-JE UNE VRAIE PERSONNE OU UN SIM ?!?


Pour ce qui est de mes muscles : ils semblent à la fois être totalement inexistants et en feu. Fun ! Si je devais comparer le ressenti, je dirais que ça ressemble à la première dégustation de la cuisine de Szichuan authentique : tout est douloureux, mais paradoxalement, tout est extase. J’ai beau ressembler à une bouse indigne affalée sur son Microformer estampillé Lagree dès les premières minutes de la séance, comme France, je suis accro.
Et j’en redemande.
Haute intensité
À mes côtés, le vrai bonhomme qui snobait ce « sport de filles » (sic) ricane nerveusement.
Si je ne devais pas consacrer tout mon souffle à tenter d’oxygéner mon corps en pleine souffrance, je lui demanderais, narquoise, comment sa masculinité résiste aux exercices. Mais j’en suis physiquement incapable, et de toutes façons, son visage rouge tomate offre un bon élément de réponse.

« Mon mec fait du Crossfit et il a du mal aussi » sourit France.
« Beaucoup de personnes associent le Lagree au Pilates Reformer à cause des machines, mais la ressemblance s’arrête là.
Au Pilates, on est sur de la faible intensité, alors que le Lagree est un sport à haute intensité et faible impact.
En cours, j’ai des mecs qui ont l’habitude de courir des marathons qui tremblent et qui trouve ça dur » ajoute notre instructrice. Qui précise toutefois que ce sport « est fait pour tout le monde, parce que le corps s’adapte. Normalement, les exercices s’enchaînent sans interruption, mais si on sent qu’on a besoin d’une pause, on la prend ».

D’ailleurs, elle connaît des accros qui s’entraînent jusqu’à la fin de leur grossesse, « et c’est excellent aussi en post-partum ».
Stupeur et tremblements
Les tremblements incontrôlés qui s’emparent de nous durant certains mouvements ? « C’est le Lagree shake, c’est normal, c’est parce que les muscles sont sous tension ». C’est qu’au Lagree, faire l’exercice à moitié n’est pas une option. Soit on s’applique (et ça fait mal) soit on se casse la gueule sur la machine. Donc ça tremble.
Normal également ? Ressentir des courbatures dans les jours qui suivent la séance. « Elles sont plus sévères le deuxième jour » prévient la pionnière du Lagree à Liège.
Dont acte. Le dimanche, après ce vendredi soir décidément plus sportif que bibitif, on se retrouve à Googler « les côtes peuvent-elles se décrocher à cause du sport » et « décès crampes abdos cardio » telles les personnes parfaitement saines d’esprit qu’on est.
On rirait bien de notre propre sottise mais : trop mal pour ça. Un des éléments de l’appareil mis au point par Sébastien Lagree s’appelle le ring of fire, et comment vous dire ? C’est chaud, ça brûle, ce n’est pas un hasard.

Et pourtant : à l’heure d’écrire ces lignes, on est à J-1 de notre prochaine séance, et on a hâte. Mais HÂTE ! Enfin, j’emploie le « on » journalistique, mais mon binôme adoré, lui, s’abstiendra.
« Trop féminin », sans doute. Ça ou ses muscles ne s’en sont pas remis. Et oui, vous savez quoi ? En fait, c’est un sport de femmes. Parce qu’on est des putain de guerrières et nous, trembler d’effort pendant 50 minutes ne nous fait pas peur. Ah !
Le Lagree en pratique
France recommande de manger un petit casse-croûte protéiné avant chaque séance. Et de commencer avec un pack découverte de 3 cours, « parce que c’est idéal pour décider si on aime vraiment ça ou pas ». A raison de deux séances hebdomadaires, « on voit les premiers résultats après un mois ». Avec corps plus tonique et musclé à la clé.
Loin, très très loin de nous l’idée d’objectifier qui que ce soit… Mais disons que France est une publicité vivante pour les bienfaits sur la silhouette de sa discipline sportive de choix.
Les cours sont donnés en soirée du lundi au jeudi, et en matinée les samedi et dimanche. Retrouvez l’horaire complet ici. Comptez 28 euros la séance unique, avec un tarif dégressif si vous optez pour un abonnement. Le studio se trouve quai sur Meuse, entre deux parkings pour faciliter votre logistique.
Enfin, si lors d’une de vos séances, vous suez et tremblez à côté d’un drôle de diable de Tasmaliège occupé à souffrir et grommeler : oui, c’est moi, enchantée.
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