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13 rappels essentiels pour (enfin) comprendre les Liégeois

« De tous les peuples de la Gaule, les Liégeois sont les plus braves » aurait pu, non, dire Jules César. Parce qu’on est bien braves. « Bien brâf' », d’ailleurs.  Mais tellement plus, aussi ! De la littérature au sport de haut niveau, on va droit au but (aka la victoire), déjà. On sait faire les marioles et maîtriser quand même. Être tout aussi accueillants que grincheux en permanence…

Bref, les Liégeois ne sont pas à une contradiction près. On contient des multitudes, et oui. Et pour mieux les, et donc nous comprendre, voici quelques rappels importants.

1. On ne fait que râler

D’aucuns diraient qu’avec notre fierté principautaire et notre gouaille légendaire, on est un peu les Marseillais belges. C’est pas faux, mais il faut bien reconnaître qu’on a un regrettable point commun avec les Parisiens.

Comme eux, gnignignagnater est un de nos passe-temps préférés.

Oui le tram c’est bien, mais plus de pistes cyclables ce serait mieux. Certes la Belle Liégeoise est pimpante, mais la Meuse est répugnante. C’est chouette que la ville plaise aux touristes, mais s’ils pouvaient arrêter de squatter Bueren on préférerait.

On se plaint, on bougonne, et qu’est-ce qu’on la critique, notre ville. Mais attention : ce n’est pas une invitation à faire pareil.

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2. Par contre, on n’a aucune patience pour vos doléances

Voyez-vous, nous, on peut, parce que Liège nous habite autant que l’inverse. Ce n’est pas juste notre ville, c’est un état d’esprit.

On l’aime, on aime la critiquer. C’est comme ça.

Ce qu’on n’aime pas tant, par contre ? Les gugusses du reste du royaume qui se permettent des jugements à l’emporte-pièce nourris de gros titres sensationnalistes.

Bien sûr, vous avez le droit d’être insensible au charme de la Cité ardente. On y reviendra. Mais la critiquer gratuitement en enfilant les clichés comme autant de perles pourries ? Non merci.

3. On a une géographie bien à nous

Aller à Mons ? Oui hein valet ! Et jusqu’aux Philippines à pied, tant qu’on y est ?

On l’avoue : à de rares exceptions, la Wallonie qui s’étend au-delà de notre province est une terre inconnue pour nous. Mais qui peut nous blâmer ? Sans quitter Liège, on va des impasses poétiques du 4000 à la nature enchanteresse des Cantons de l’est en passant par une descente de rivière en Ourthe-Amblève et des pépites architecturales en veux-tu en voilà.

Plus belle province de Belgique, vous dites ? Et bien on ne vous contredira pas.

Curieusement, par contre, si Charlouze est aux Liégeois ce que New-York est pour un habitant du Montana, on est todi fourrés à l’étranger. Maastricht ? 20 minutes et hop, on est entourés de Principautaires en terrasse. L’Allemagne ? Il y a plus de Lîdgeux qui y font leurs courses qu’au Luxembourg.

On est comme ça à Liège : une métropole mondiale. Caput mundi, mais oui !

4. On est tout aussi col bleu que sang bleu

Oui, les Frères Daerden sont Liégeois. Et oui, leur opus magnifiques sur fond de misérabilisme sont tournés à Liège. Comme de nombreux épisodes de Strip Tease d’ailleurs, ce qu’on ne manque jamais de nous rappeler.

Un déclassement nourri par des années d’errance, de désindustrialisation et d’exode urbain qu’on peut difficilement nier.

La Cité ardente ? Une joyeuse cour de Miracles, à en croire la gazette locale.

Mais réduire Liège à son déclin industriel, c’est aussi faux que malhonnête. Parce que cette page est aujourd’hui en grande partie tournée. Quelques dizaines d’années de reconversion économique ne peuvent résumer plus d’un millénaire d’Histoire riche et variée. Et en tout Liégeois sommeil un Prince(ipautaire).

Pour chaque mariole, il y a aussi une entreprise florissante, un prix Goncourt et un sportif de haut niveau. Parfois, tout ça en même temps !

5. En vrai, on a tous l’accent

Mais ça dépend des moments. L’accent tellement dans son jus qu’il en devient un pickle linguistique ? Celui qui voit chaque syllabe tripler de durée et la fin des mots disparaît’ de manière inexplicap’ ? En réalité, on est peu à l’avoir.

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Ce qui est vrai aussi, par contre : n’importe lequel d’entre nous, aussi châtiée soit sa langue, verra cette dernière fourcher quand il est crevé.

Un petit coup de mou, ou dans l’aile, et voilà qu’on va « dewors » ou qu’on accuse la « fatîk ».

On en rit entre nous, et on rit aussi de l’hilarité que ça suscite : y’a vraiment qu’un Brusseleir pour croire qu’il n’a pas d’accent, ou que le sien est « moins pire ». Tant qu’on est dans les rappels : sachez que ce n’est pas parce qu’on ne dit pas « tu t’entends trou de balle ?! » qu’on ne le pense pas.

6. Le Liégeois est vraiment sympa (trop, parfois)

Vous l’attendiez, il est arrivé : le moment où on mentionne la vidéo de Poelvoorde. Mais si, vous savez, celle où il affirme qu’à Liège, tu t’assois 5 minutes en terrasse et tu t’es déjà fait 10 copains. Exagéré ? Même pas. Tout cliché a, paraît-il un fond de vérité, et celui-là est vrai à fond : le Liégeois est sympa.

Trop pour son propre bien ?

Disons que parfois, notre familiarité nous joue des tours.

On ne dira pas en Belgique, mais elle peut être perçue comme un manque de boundaries, voire même d’éducation. Pour paraphraser une autre vidéo, un film cette fois : on préfère se dire qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Et que quand on voit à qui on ne plaît pas, on se dit que c’est pas grave.

7. Il aime aussi rigoler (même quand il ne faudrait pas)

Dans les mots immortels de « Papa », qui incarnait d’ailleurs cette philosophie avec enthousiasme, à Liège, on aime faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. C’est louable : personne n’aime (être) un connard arrogant. Mais à trop avoir tendance à prendre les choses avec le sourire, parfois, on finit par rire jaune.

« On rigole, on rigole, mais la rigole, ça mène à l’égout ».

Moins de blague, plus de brain ? On n’a ni les poches pleines d’Anvers ni celles de Gand. Mais quand on voit leur spectaculaire remontada depuis les 80s, on se demande si on ne devrait peut-être pas s’y mettre encore un peu plus sérieusement.

8. On dirait le Sud

A ceux qui décrient la migration, et ils sont nombreux malheureusement ces cons, on dira : venez à Liège ! Goûtez donc à celle qu’on pourrait qualifier de 21e région italienne et osez affirmer que tous ces ciccios venus des Pouilles, de la Calabre ou des Abruzzes n’ont pas enrichi la ville.

Au sens propre, bien sûr, car leur bras ont contribué à transformer notre charbon en monnaie d’expansion.

Mais au figuré, aussi. À Liegi, même (surtout ?) dans les gargotes un peu vieillottes, on savoure une cuisine que Nonna ne renierait pas. La qualité et la quantité de tables italiennes qu’on trouve ici est une joie et un privilège. Et puis toutes ces pastas, ça nous fait du super fuel pour une autre activité très méditerranéenne qu’on kiffe : la bamboche.

9. Y’a que les nuls qui nous trouvent pas cool

C’est pas ça hein, c’est tout à fait permis de dire que Marseille, meh. Berlin beurk. Manchester marginale.

Avoir mauvais goût n’est pas interdit par la loi !

Rester sur les clichés éculés et pousser des cris d’orfraie à l’idée de passer un city-trip à Liège, par contre ? Pé-ri-mé.

Libre à vous de trouver que Liège n’est pas à votre goût. On a une histoire riche et intense : on s’en remettra. Mais nier le fait que la Cité ardente est devenue une destination « saut de puce » aussi alternative que gourmande et cultivée, c’est de la mauvaise foi. Et ça vient d’une ville où elle est élevée au rang d’art, donc on sait de quoi on parle.

10. Les Liégeois sont bien plus nombreux que vous ne le pensez

Le fait est que Liège n’est pas une ville, c’est un état d’esprit. D’aucuns diront même un objectif. Comment expliquer, sinon, tous ces habitants de Verviers ou Waremme qui, bien qu’étant situés à 30 ou 50 minutes de voiture, répondent sans sourciller « Liège » quand on leur demande d’où ils viennent ?

Si on était Principautaires, on en conclurait que Liège, c’est décidément un peu le Paris (de la francophonie) belge.

Y’a ceux qui y habitent. Ceux qui prétendent que c’est le cas, au mépris de la géographie de base. Ceux qui y ont habité un jour une nanoseconde et en parleront avec verve jusque sur leur lit de mort.

N’est pas Liégeois qui veut, mais tout qui peut s’en revendiquer. Et c’est aussi cet enthousiasme qui tient si chaud à la Cité ardente.

11. Ils sont aussi (parfois) leurs pires ennemis

Il y a à Liège un rapport très particulier au succès. Certains seront célébrés, d’autres tus ou jalousés. Un footballeur qui marque à l’international ? WE ARE THE BEST. Une star qui donne de la voix bien au-delà de nos frontières ? On applaudit bien fort, au premier rang de préférence.

Un entrepreneur qui amasse autant de maille que de mérite, par contre ? Faut entendre comme ça djôse (« forcément pourri ! »), et comme ça se gausse quand le vent tourne (« on l’avait dit ! »).

C’est comme si la réussite ne pouvait être que culturelle ou sportive pour être applaudie, et ça nous dessert en tant que ville.

Loin de nous l’idée d’élever en modèle l’approche très pécunière du succès de nos voisins du nord. Mais on peut toutefois s’inspirer de leur esprit de corps, et de comment il les renforce. Quand un Liégeois gagne, c’est tout Liège qui gagne. Et plus il y a de gagnants, plus la Principauté est grande : le succès n’est pas un jeu à somme nulle.

12. Les gaufres <<<<< le boudin de Liège

Est-ce que le Liégeois rechigne à se jeter une gaufre dans le gosier quand l’occasion se présente ? Évidemment que non. On n’est pas des bêtes.

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Par contre, montrez-nous quelqu’un qui prend la bouche en cul de poule et un air de conspirateur pour confier ses « petites adresses pépites » pour en savourer et on vous montrera : pas un Liégeois.

Entendez-nous bien : la gaufre de Liège est une merveille, exponentiellement supérieure à la gaufre de Bruxelles.

Et elle est tellement bonne, d’ailleurs, qu’elle régale partout en Principauté qu’elle que soit l’adresse où on l’achète.

Le boudin, par contre ? Ce n’est pas une histoire d’appétit mais bien d’amour. Chacun et chacune a son dealer. Et défendra jusqu’à son dernier souffle la supériorité de son boudin préféré – même si tout le monde sait que le meilleur vient de chez André.

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13. On est les patrons

Science. Sport. Mode. Médias. Politique. Cinéma. Entrepreneuriat. Littérature. Art. C’est plus simple de citer les domaines où Liège ne s’illustre pas que l’inverse. Parce que la réponse est : aucun.

Ville de caractère et de cœur, Liège ne laisse personne indifférent. Elle ne se visite pas, elle se vit, et si vous avez de la chance, elle vous habite.

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Clément et Kathleen Jadot sont le genre de couple qui peut finir (et même commencer) les phrases de l'autre, mais parce que ça peut vite devenir pénible, ils mettent plutôt leur compatibilité au service de la rédaction commune d'articles. Ensemble, ils ont : un chien, un chat et un nombre incalculable de livres.