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Anvers

48h à Anvers : culture, confiture & bonnes adresses

Si proche, et pourtant tellement différente, Anvers figure en bonne place de notre palmarès personnel des villes les plus cool de Belgique. De faux airs de Berlin, un air de famille avec certains quartiers parisiens, et une ébullition créative qui séduit et galvanise : visite guidée. 

Quand la SNCB nous a proposé de réaliser un partenariat, on a été tout à la fois ravies, flattées, mais aussi un peu sceptiques. En bonnes représentantes de la Génération Y, biberonnées aux hashtags, aux billets low-cost et au rêve sur Pinterest, pour nous, une escapade est forcément dépaysante, surprenante, et aussi lointaine que notre budget nous le permet. Autant dire qu’on part donc plus souvent en avion qu’en train, et certainement pas en Belgique. Et pourtant.

Au-delà du fait que l’occasion était franchement trop belle (« non mais tu sais, notre webzine a été sélectionné par la SNCB, portée nationale quoi » – voix de pimbêche, passage de main dans les cheveux), c’était tentant de faire le pari de la « staycation » et de se rappeler à quel point notre noble Belgique renferme des coins fantastiques. Brève hésitation entre Anvers et Gand, et puis réalisation que pile le week-end où on comptait partir en goguette, la ville de Brabo accueillait le Art Week-end : notre destination était choisie.

L’avantage de gagner Anvers en train : on s’en prend plein les yeux dès le départ. On démarre de la gare Calatrava, ses voutes délicates et sa prestance monumentale, et puis on arrive à Anvers, sa voûte, sa verrière, son élégance qui n’est pas sans rappeler Grand Central. Autre avantage : on passe tout le trajet à papoter et à regarder le paysage défiler, et à peine le temps de siroter un apéro dans le train (#weekendentrefiiiiiiiiillllles) qu’on est déjà arrivées, en plein coeur du quartier du diamant et à quelques minutes à pied seulement du Meir. Où cette visite virtuelle ne va pas vous emmener : on n’est pas là pour explorer la version flamande et en plein air de la Médiacité, godverdomme.

Jour 1 : Jusqu’au bout de la nuit

Notre point de chute pour le week-end : le Hilton d’Anvers. Parce que tant qu’à faire de se la jouer pseudo-VIP pour le week-end, on n’allait pas se priver. Mais aussi et surtout parce que l’hôtel est parfaitement situé, en plein coeur de la place Verte, et accessible à pied depuis nos quartiers préférés. La jolie surprise : une chambre spacieuse, lumineuse et ultra confortable, située à l’étage « Hilton Honors ». Soit un « hôtel dans l’hôtel », avec terrasse à la vue imprenable et open bar. Autant dire que Paris et Nicky Hilton n’avaient qu’à bien se tenir : ce week-end là, y’avait deux autres princesses dans la place.

Une de nos rues shopping préférées dans la ville de Brabo : la Kammenstraat. L’occasion de stopper les créations rock et joliment rebelles signées All Saints, mais aussi de se lâcher dans l’outlet Essentiel, la marque emblématique de la ville, proposée ici à prix aussi doux que les matières précieuses du label. Difficile de résister à l’appel de Sin Sin Tattoo, où Vinnie Stones décline son univers coloré et old skool, mais on se laisse tenter par les jolies marinières brodées de chez By Julie. Parce que tout ce lèche-vitrines, ça donne faim, passage obligé par la Korte Gasthuis straat pour goûter aux créations gourmandes du Frites Atelier de Sergio Herman, soit des frites réimaginées par un chef étoilé. Ja, graag ! Quelques mètres plus loin, dessert parfait : & Other Stories, la petite soeur pointue, branché et super chic de H&M, où on fait le plein de vêtements originaux, en pestant tout de même que l’enseigne ne soit pas encore installée à Liège. Dernier arrêt avant l’heure de l’apéro, le MoMu, où on tombe en admiration devant les créations de Martin Margiela pour Hermès. Juste à côté du musée, on ne rate pas Copyright, librairie de beaux livres où on s’extasie devant les livres d’art, de mode, de design et de photographie. Culture et confiture : ici, pas un endroit où il ne soit pas possible de se cultiver.

A l’heure de l’apéro, retour à l’hôtel pour profiter de la merveille de terrasse installée sur le toit, avec un accès direct au exécutive lounge. Soit open bar, cava à volonté, grignotages et petits canapés : on fait tchin, on prend le soleil, on se régale et on se dit que quand même, la vie est sacrément belle. Surtout depuis un rooftop, là, elle est toujours plus belle.

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Pour continuer la soirée, on descend simplement de quelques étages pour s’attabler à la Brasserie Flo, le resto de l’hôtel, avec terrasse qui donne en plein sur le joyeux brouhaha de la place verte. Première bonne surprise : les cocktails, divins, et un des meilleurs bloody marys qu’il nous ait été donné de déguster en Belgique, rien que ça ! Deuxième bonne surprise : des plateaux de fruits de mer, généreusement servis et incroyablement chics, le repas parfait pour se la jouer princesses précieuses en terrasse. Pas que ce soit le genre de la maison : en vraies sirènes de pacotilles, on ne supporte ni coquillages trop gluants ni huitres, on s’est donc contentées de prendre un plateau de fruits de mer pour bébé et de grignoter nos crevettes en babillant. Délicieux nonobstant les gluants !

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Art week-end oblige, on s’est précipitées à peine notre dernière gambas engloutie vers De Studio, maison bourgeoise anversoise transformée pour l’occasion en décor de film de Xavier Dolan, avec projections vidéo dans la cave ornée de granito, dédale de couloirs où étaient disséminées les installations artistiques et DJ set bourré de hipsters en salopette. On finit la soirée en terrasse, parmi les cafés bondés à proximité du Studio, et on se dit que finalement, le Carré n’a rien inventé. Waar is da feestje ? Hier is da feestje !

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Jour 1 : Dolce Vita Anversoise

Le dimanche commence avec des petits yeux, mais un grand soleil, qui nous fait vite oublier toute trace de fatigue de la veille. Il faut dire que c’est difficile de jouer la marmotte quand un petit-déjeuner ensoleillé sur la terrasse nous attend. Et quel petit-déjeuner: viennoiseries, charcuterie, jus de fruits… Une fois de plus, quel supplice de devoir s’arracher à notre promontoire à la vue imprenable et aux gourmandises irrésistibles. Seulement voilà: juste à côté du Hilton, il y a la Vlazikensgang, un rêve d’impasse où galerie d’art et restaurant côtoient des maisons sublimes semblant tout droit sortir d’un décor de film. On profite du beau temps pour se balader jusqu’à la libraire De Markies, où on s’extasie devant la pléthore de livres à prix cassés, des polaroids sexuels d’Andy Warhol aux anthologies de design sans oublier les cityguides qui nous donnent déjà envie de préparer notre prochain voyage. En poussant jusqu’à la Scheldestraat, on tombe sur un marché d’antiquités trop choupi, entre porcelaine, peintures à l’huile et argenterie, avant de déboucher sur l’Escaut, sublime au soleil.

Sur le chemin du Swan Market, on fait un détour par De Steen, forteresse où flotte fièrement au vent un drapeau gay et où on se laisse un peu bercer par la chaleur et le mouvement des flots avant de se perdre parmi les échoppes du marché. Entre créateurs et grignotages de hipster: tacos, noodle burgers et falafel bowl, tout est extrêmement tentant, mais un lunch en terrasse nous attend! En route vers l’Hôtel Julien, on note tout de même deux adresses pour notre prochaine visite: Pho 61 et le bar à houmous Chickpea, tous les deux pourvus d’une déco hype et de parfums ultra alléchants.

Arrivées à l’Hotel Julien, dernière étape mais pas des moindres de notre escapade anversoise, coup de foudre immédiat. D’ailleurs, si on veut être parfaitement honnêtes, on se verrait bien habiter là-bas: bar garni, salon feutré, cour intimiste, déco racée, et puis des plafonds incroyablement hauts – oui, merci, on veut habiter ici. A nouveau, coup de foudre pour la terrasse en rooftop, d’où on a une vue imprenable sur les toits de la ville… et les apparts lookés d’à côté, qu’on espionne en attendant notre lunch. Dans l’assiette: une salade césar absolument divine, à la fois légère et ultra gourmande, et une assiette veggie qui ne cède pas au piège des légumes tristounets. C’est délicieux, ultra joli, et le personnel est super gentil: on est r-a-v-i-e-s.

Pour finir l’escapade en beauté, au propre comme au figuré, passage par le spa de l’hôtel. Ici, ce sont tous les sens qui sont mis à l’honneur, à commencer par nos mirettes, qui s’en prennent plein la vue dans cet espace qui évoque à la fois un boudoir, l’Orient, et un magazine de design. Couinements de bonheur quand on réalise que les produits utilisés viennent de chez REN, dont le packaging est aussi fabuleux que les senteurs et les promesses de peau sublimée et de cheveux plus beaux que jamais. Pourtant toutes les deux peu adeptes des massages, on fond carrément sous les mains expertes de la thérapiste de l’hôtel, qui arrive à nous débloquer le dos et à nous donner l’impression que nos jambes sont tout en légèreté. Hammam, sauna, et le chic infini d’un bain de glace: l’endroit est sublime, et l’expérience, divine. Culture, gourmandise et mise en beauté? Olala Anvers, qu’est-ce que tu nous plais !

Au final, alors que nous aurions plutôt eu tendance à y aller en voiture pour se la jouer road-trip, nous avons adoré la facilité du train, tant pour la situation idéale de la gare d’Anvers que pour un bonus non négligeable : personne au volant, ça veut dire la possibilité de papoter, ricaner et même prendre l’apéro dans le train sans se mettre en danger. Youhou, un citytrip, des bulles, le bonheur ! Autres avantages : non seulement nous évitons les embouteillages, mais en plus, via l’app SNCB, nous restons en permanence au courant en temps réel de tout ce qui se passe sur le réseau ferroviaire. Bercées par le roulement du train, le paysage qui défile, et les superbes souvenirs de notre escapade en train à Anvers, nous avons profité du Billet Week-end à tarif réduit qui est, pendant tout l’été, prolongé du jeudi soir au lundi soir ! 

Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.