Boulettes Magazine

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Mariage Kathleen Wuyard et Clément Jadot DR Vivi Pham

« Ce qu’Ann Piron m’a appris du luxe véritable »

Confession: ce n’est pas Ann Piron qui a confectionné ma robe de mariée, mais cela ne l’a pas empêchée d’être l’architecte de ma tenue de mariage. Mais aussi et surtout, de me donner une précieuse leçon sur le luxe au passage. 

Les cordonniers sont-ils vraiment les plus mal chaussés? Qui sait. Par contre, écrire pour le meilleur magazine lifestyle du pays ne m’a pas évité un véritable casse-tête au moment de trouver ma robe de mariée. Ayant opté pour le talent principautaire et l’approche durable de l’Atelier Numéro Seize pour mon mariage civil, j’ai hésité à tout simplement porter la même robe pour la cérémonie et la fête, remises à plus tard pour cause de pandémie, mais l’envie de marquer le coup (et la pression des réseaux sociaux, je l’avoue) ont eu raison de ma résolution.

Problème: trouver une tenue de fête aussi unique que « raisonnable » s’est avéré complexe, et si je fais partie des privilégié·e·s qui peuvent compter sur la générosité parentale pour le jour J, cela ne voulait pas dire pour autant que j’étais à l’aise avec l’idée de faire payer par la Banque de Papa & Maman une robe coûtant le prix d’une voiture d’occasion.

En outre, ma brève expérience avec les boutiques dédiées a suffi à m’en dégoûter mais aussi à me questionner: si déjà moi, avec mon petit 38, je devais me faufiler dans des modèles d’exposition fermés à l’aide de rubans, quid de celles qui ont l’audace de faire plus qu’un 40?

Cher et grossophobe, l’univers raréfié des robes de mariées? Quelque peu refroidie, j’ai décidé, en bonne Millenial ultra connectée, de faire mon shopping en ligne, et c’est ainsi que je suis devenue l’heureuse propriétaire d’une robe bustier d’un duo de designers new-yorkais que j’adore, moyennant un budget inférieur à celui d’un repas pour deux dans un gastro’. Rêve? Réalité, sauf que quelques retouches et entourloupes s’imposaient, et c’est là qu’Ann Piron intervient.

Ann Piron robes de mariée Liège

Choisie par ma maman pour la sublimer pour le mariage de sa fille unique et préférée, elle s’est rapidement imposée comme la personne la mieux à même de retoucher ma tenue, mais aussi de me permettre de passer les moments mère-fille indissociables des préparatifs de nombreuses fiancées.

Je l’avoue, sachant qu’Ann Piron est synonyme de robes de mariées en Principauté, j’appréhendais de lui demander si elle voulait bien s’occuper de la mienne, signée d’autres stylistes, mais je n’aurais pas dû: chaleureuse, accueillante, incroyablement douée et même un peu magique, elle m’a inculqué une précieuse leçon sur ce qu’est le luxe, le vrai.

Un luxe de détails

C’est qu’à Liège comme dans d’autres endroits, on n’échappe malheureusement pas à une certaine vision, fausse et étriquée, de ce dernier. Nul besoin de les nommer pour penser immédiatement à ces boutiques où le nombre de zéros derrière le prix de chaque article est inversement proportionnel à la sympathie dont fait preuve l’équipe. Dont « l’accueil », pincé et hautain, est supposé invoquer une sorte de sentiment raréfié mais contribue juste au malaise et à un ressenti assez clair de ce qu’a pu vivre Vivian dans la scène de shopping mythique de Pretty Woman. C’est bête ! Grosse erreur !

Et pour peu, on se convaincrait que c’est indissociable du luxe, sauf qu’ainsi que j’ai eu le plaisir de l’investiguer pour un article mais aussi et surtout, de le découvrir en vrai avec Ann, ce n’est pas du tout ça. Le luxe véritable? Offrir aux gens (peu importe le montant qu’ils dépensent) plus que ce à quoi ils s’attendent.

C’est ainsi que lors de mon premier rendez-vous, alors que je venais simplement pour accompagner ma maman et demander à Ann si elle voulait bien reprendre la taille de ma robe, elle m’a demandé d’emblée quels sous-vêtements je comptais porter sous mon bustier. Et a eu l’idée de génie de coudre mon soutien-gorge bandeau dans la doublure, afin d’éviter tout moment disgracieux / check constant et désagréable le jour de mon mariage.

Mieux encore: quand je l’ai enfilée devant elle pour la première fois, il était tout bonnement impossible de dire que ma fantaisie ornée de plumes n’était pas une création Ann Piron, tant elle était enthousiaste et effusive.

 

 

 

 

Ann Piron robes de mariée Liège

Là où mon 38 m’avait fait me sentir gauche et inadéquate au moment de devoir me saucissonner dans des robes d’exposition bien trop petites pour moi, Ann a également réussi à sublimer les formes maternelles, mais aussi et surtout, à lui rendre confiance en elle à grands renforts de cris d’extase lors de chaque essayage. Parce que le luxe, c’est ça: payer à peine plus cher que certaines marques de prêt-à-porter haut-de-gamme et avoir l’impression de valoir dix milliards de dollars. Entretenir l’illusion, lors de chaque rencontre, d’avoir face à soi la personne la plus importante et belle au monde. En d’autres mots: offrir quelque chose qui est d’autant plus précieux qu’il est incroyablement rare. 

Quelques mois après que j’aie dit « oui » pour la vie à son frère, ma belle-soeur s’est mariée et c’est avec une confection sur mesure Ann Piron que j’ai assisté à la fête. En tout, ça m’aura coûté le même prix que la robe chamarrée Ba&sh qui m’avait initialement tapé dans l’oeil, mais pour une robe couture, créée uniquement pour moi, et avec un ressenti impayable grâce à la personnalité solaire et à l’accueil incomparable d’Ann et de ses collaboratrices.

Au-delà de cette jolie robe, et des tenues de ma maman, elle aussi devenue fan, ce qui reste de chaque visite dans son atelier écrin signé Marina Frisenna, c’est une leçon importante: peu importe le montant qu’on débourse, on mérite d’être traité à notre juste valeur. Voire mieux, si vous avez la chance de tomber sur quelqu’un comme Ann: comme si on était ce qu’il y a de plus précieux. Le voilà, le luxe véritable – et sans hésiter, la raison pour laquelle, malgré son déménagement, les travaux du tram et al, des générations de mariées lui font confiance.

Et parce que les sachants et autres cyniques sont prompts à crier au complot dès qu’un article est « trop » positif, on le précise: Ann n’a pas pris la moindre pub dans ce magazine, ni proposé de ristourne, et ce papier, bien qu’enthousiaste au possible, est aussi tout ce qu’il y a de plus sincère. Parce que c’est ça qu’il y a de beau, avec une telle approche du service clientèle: non seulement ça fidélise, mais en prime, ça donne envie de renvoyer l’ascenseur. Une spirale vertueuse, ça s’appelle, et ça aussi, c’est très chic.

Ann Piron

Place Coronmeuse 13, 4040 Liège / Ann Piron Création

Photos: Vivi Pham

Journaliste pour Le Vif Weekend & Knack Weekend, Kathleen a aussi posé sa plume dans VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politique. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.