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terrasses illégales

Le Patrimoine s’attaque aux terrasses fermées de la Place du Marché et on dit MERCI

Si elles font intégralement partie du paysage, les terrasses fermées de la Place du Marché n’ont pas de permis et sont donc tout ce qu’il y a de plus illégal. Un statu quo dont l’Agence Wallonne du Patrimoine ne veut plus: elle compte en effet demander aux commerçants de les enlever. Et franchement, il était temps. 

 
Avec les Coteaux, la Collégiale, la Boverie ou encore la gare Calatrava, la Place du Marché fait partie des joyaux de la couronne de la Principauté . Ou du moins, elle devrait. Sauf que sa riche histoire, ses bâtiments d’époque et son Perron ouvragé sont éclipsés par les devantures criardes et fort gourmandes en espace des restos et cafés installés place du Marché. S’il est plutôt plaisant de pouvoir s’installer en terrasse et admirer le panache de la Violette et le flot incessant de passants, l’aspect fermé est tout sauf agréable. Et s’avère même plutôt desservir la beauté de la Place. 
 
Interrogé par la RTBF, Raphaël Pilette, l’architecte de l’Agence Wallonne du Patrimone ne décolère pas. Et comme on le comprend. 
 

Si les cafetiers avaient eu une autorisation pour ériger ces terrasses, ça aurait dû passer par chez nous puisqu’on est en patrimoine classé. Ils dérogent à une liste d’articles longue comme le bras du code du patrimoine. Nous n’aurions jamais autorisé ce genre de construction. En particulier parce qu’il faudrait pouvoir voir les façades classées. C’est comme si moi je faisais une véranda sur mon trottoir en face de chez moi parce que je trouve que mon salon est trop petit.

Sauf que le trottoir en questions est en l’occurence supposé être une des plus jolies places de Liège, et qu’en prime, cette « véranda » imaginaire prend l’apparence de constructions bien réelles qui masquent entièrement les façades classées qui se trouvent derrière. Un argument qui ne convainc pas les cafetiers, qui affirment avoir mis ces pergolas pour « embellir l’endroit ». Si l’intention était en effet celle-là, sachant qu’il n’y a aucune concordance visuelle entre les pergolas en question, c’est sacrément loupé. Si, comme un autre cafetier le souligne, l’objectif est de « proposer un espace pour que les fumeurs puissent s’installer à leur aise », alors c’est encore moins défendable. Parce que l’écran de fumée en question masque une partie importante du patrimoine liégeois, effet secondaire pourtant pas affiché sur les paquets, qui rappellent que fumer tue, sans ajouter que cela met la vie ET la ville en danger. 
 

Passionnée de lecture et d'écriture depuis son plus jeune âge, cette Liégeoise au tempérament voyageur a fondé Boulettes Magazine en 2015 avec Juliette Salme. Journaliste politique, lifestyle et société pour Flair Belgique et Le Vif, Kath partage sa vie et la gestion de Boulettes avec Clem.