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Glue Gang Liège - DR

Le Glue Gang colle la honte au cis-tème

Leurs messages apparaissent la nuit, pour un réveil nécessaire: entre dénonciation des violences sexistes et des féminicides ou messages militant pour le droit à l’avortement ou la justice sociale, le Glue Gang a fait des murs de la ville le terrain d’un jeu dangereux. Objectif avoué? Mettre fin à la tyrannie du cis-tème. 

Un système d’oppression dominé par des mâles majoritairement cisgenre, hétérosexuels et blancs, déséquilibre que vise à corriger le Glue Gang jusque dans ses propres rangs. »Le collectif est né de l’impulsion des mouvements de collage un peu partout en France et en Belgique. A l’origine, ce mouvement visait à dénoncer les féminicides, puis il s’est petit à petit ouvert à d’autres problématiques. Le principe du collage est simple et efficace et donc permet facilement de dénoncer des injustices qui concernent la cause féministe mais également les injustices et violences visant les LGBTQIA+, les personnes racisé.e.s, handicapé.e.s, gros.se.s, les violences policières, etc » explique-t-on du côté du collectif. Qui a récemment changé de nom, mais pas de vocation. Adieu Collages Féminicides, bonjour Glue Gang.

 

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« Nous avons décidé de changer le nom pour permettre une plus large représentation des causes que nous soutenons. L’idée n’est plus de seulement de dénoncer les féminicides mais d’être un collectif intersectionnel et inclusif. Ce changement de nom est aussi très important pour nous afin de nous dissocier des groupes de collages lancés par Marguerite Stern, personnage public ouvertement transphobe et qui a récemment été l’autrice de collages islamophobes. Ne voulons envoyer un message clair ; nous ne soutenons en aucun cas ces collages et n’avons rien à voir avec ce genre de féminisme, qui véhicule la haine des autres ». Aime ton prochain comme toi même, mais profites-en pour rééquilibrer le cis-tème.

« Notre groupe est en « mixité choisie », c’est à dire qu’il est ouvert à tout le monde, sauf aux hommes cisgenres. Donc non, il n’y a pas seulement des « filles » mais aussi des personnes non binaires, des hommes et des femmes trans. L’idée est de se retrouver et de coller entre personnes concernées par les causes que nous défendons ».

 

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Ca colle pour le Glue Gang

Un message qui fédère: « nous avons relancé le groupe il y a quelques jours, via un message posté sur Instagram, et nous avons eu beaucoup de réponses et de nouv.eux.elles membres. Vu les circonstances actuelles, il est difficile de savoir combien nous sommes exactement sur Liège, car nous ne pouvons pas nous rassembler. Mais l’idée aussi c’est de donner les outils/conseils pour coller, et que des petits groupes se forment un peu partout à Liège. Dès que cela sera possible nous essayerons d’organiser des sessions de collages en plus grand nombre afin de se rencontrer et d’échanger sur nos vécus ». En attendant, les collages se multiplient au gré des causes revendiquées, qu’il s’agisse de dénoncer la violence policière ou le suicide d’Alyson, la jeune barbière « abandonnée par l’Etat ».

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« Notre mission est de faire passer des messages « catchy », faciles à comprendre et impactants. Et le fait de coller dans la rue, dans l’espace public, rend le message très accessible et visible. Nous voulons dénoncer les injustices et les violences que perpétuent notre société capitaliste et patriarcale. Les messages sont très variés, des phrases courtes, fortes de sens ».

« Ces messages font réfléchir, questionnent, et c’est déjà quelque chose. On ne peut pas fermer les yeux et dire que l’on ne sait pas. Ces collages sont des piqures de rappel, des appels à l’aide, des cris de colère, … ils sont parfois durs, violents, mais dénoncent des réalités que parfois l’on préfère ne pas voir.  Actuellement tout est fait pour nous garder dans le silence, ces collages sont une autre manière de nous exprimer ».

Et leurs messages sont choisis en fonction de l’actualité ou tout simplement des envies dés colleur.euse.s: « chacun.e est libre de coller ce qu’iel veut » rappelle le Glue Gang, qui choisit des endroits « où on peut avoir un maximum de visibilité, mais aussi en réfléchissant à notre sécurité, afin de ne pas être pris sur le fait. Selon l’heure et l’endroit nous prenons plus ou moins de risques ». Et si tout de même, l’équipe est prise sur le vif? « Il est arrivé qu’on se soit fait surprendre par la police, et qu’ils contrôlent nos papiers ou bien qu’ils nous demandent de retirer le collage immédiatement. Les personnes lambdas sont parfois curieuses et posent des questions mais nous n’avons jamais eu de problème de ce côté-là ». Et de rappeler aux fâcheux que quoi qu’ils ou elles puissent en penser, il ne s’agit pas-là de vandalisme, puisque ce moyen d’affichage ne détériore pas les murs. Il s’attèle juste à effriter l’oppression.

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Journaliste politique, lifestyle et société pour Flair Belgique, Kathleen écrit également pour Le Vif, Le Vif Weekend, VICE ou encore Wilfried, et partage sa vie ainsi que la gestion de Boulettes Magazine avec Clem, son fiancé et co-rédacteur en chef. Passionnée de lecture et d'écriture depuis son plus jeune âge, cette Liégeoise au tempérament voyageur a fondé Boulettes Magazine en 2015 avec sa meilleure amie, Juliette Salme.