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chien guide Unsplash / Berkay Gumustekin

Devenez famille d’accueil pour chien guide avec Entrevues

Entrevues, l’école liégeoise de chiens guides, est à la recherches de bénévoles, ou plutôt « bénéLOVE » pour accueillir une boule de poils à la maison afin de pouvoir devenir ensuite un allié précieux pour une personne mal ou non voyante. Une expérience doublement gratifiante: faire une bonne action en accueillant un chiot à la maison, c’est un peu le paradis non? 

Entrevues, c’est plus qu’une association, c’est une famille, composée de 4 employés et d’une soixantaine de bénévoles sans lesquels rien ne serait possible. Car former un chien guide mais aussi former une personne mal ou non voyante à collaborer avec lui prend du temps: 700 heures (!) sont en effet consacrées à chaque chien avant qu’il ne soit confié à son ou sa bénéficiaire pour le guider en toute sécurité vers plus d’autonomie. Une formation qui a un coût conséquent, 29.500 euros par chien, chaque chien étant remis gratuitement à ses utilisateurs. Alors pour continuer ses activités, Entrevues fait appel à la solidarité. Celle de ses ambassadeurs, qui organisent des évènements pour récolter des fonds, mais aussi de ceux et celles qui se portent volontaires pour devenir famille d’accueil. Mais concrètement, ça consiste en quoi?

« Le chiot est confié à la famille d’accueil à l’âge de 8 semaines. Durant la première année, le rôle de celle-ci sera de socialiser le chien en l’emmenant partout avec elle (transports en commun, restaurants, lieu de travail, etc.). Le chien entrera ensuite en formation à l’école. Il y restera du lundi au vendredi et ce, durant 8 à 10 mois, avant de rencontrer son bénéficiaire »

Bon à savoir, si l’aspect financier vous fait hésiter: les frais vétérinaires et d’alimentation sont pris en charge par l’association. À Grâce-Hollogne, les Klinkenbergs ont fait le choix de devenir famille d’accueil, et ainsi que le racontent Sylvie, une des trois filles de la famille, ils ne l’ont jamais regretté. Au contraire.

chien guide entrevues

Bien plus qu’un chien guide, un compagnon pour la vie

D’abord parce qu’accueillir un chien d’Entrevues à la maison n’est pas seulement une bonne action, c’est aussi un joli compromis: « nous voulions un chien mais mon papa ne souhaitait pas s’engager sur 15 ans. Nous avons entendu parler du projet de famille d’accueil et nous sommes dits que c’était un bon compromis. On rendait service, et on avait un chien à la maison pour une durée déterminée. On s’est donc lancés dans l’aventure ! ». Et quelle aventure… « Nous avons contacté l’organisation, à qui nous nous avons dû ensuite expliqué nos motivations, notre mode de vie, l’environnement dans lequel nous vivions,… Il y a eu plusieurs entretiens, et puis enfin, on a eu le feu vert d’Entrevues et on a accueilli à la maison un magnifique Golden Retriever blanc âgé de deux mois et demi ».

« Ca a été un sacré changement, surtout dans l’organisation et les habitudes (notamment matinales). Il fallait se lever un peu plus tôt pour sortir le chien et nettoyer après les premières nuits. Ca a surtout été un grand bonheur, on s’est très vite attaché au chiot, et celui-ci a rapidement a été intégré au sein de la famille »

chien guide entrevues sylvie klinkenberg

 

Même s’il ne s’agit pas simplement d’avoir une adorable boule de poils en pension: « ’c’est un véritable chien-étudiant, nous avions la responsabilité de le familiariser avec l’environnement quotidien de l’humain (exemples : le supermarché, la ville, les transports en commun, une soirée, la foire,…). Tout cela, avec des directives / consignes qui nous étaient données préalablement par l’organisation (exemples : des mots clefs pour les ordres, tenir le chien à gauche de nous, ne pas laisser les gens caresser le chien, ne pas laisser le chien sauter ou japper quand il voit des gens,…) » souligne Sylvie. Et d’ajouter qu' »heureusement, pour nous aider dans cet apprentissage, nous nous retrouvions avec toutes les familles d’accueil une semaine sur deux, dans les bâtiments de l’organisation, et les monitrices observaient, évaluaient et donnaient des conseils ».

« Lorsqu’il a du rentrer à l’école comme les grands, pour poursuivre son apprentissage plus poussé de chien guide et, par après, passer son examen, ça a été compliqué. Nous le voyions encore les week-ends, ce qui rendait la transition moins brutale »

Une séparation difficile, mais nécessaire

Même si la séparation, elle, a forcément été douloureuse: « nous avons été surpris quand l’organisation nous a annoncé que le chien serait remis la semaine suivante à une personne aveugle, car nous ne nous étions pas préparés psychologiquement. Et là, ça a vraiment été dur. Aujourd’hui, nous n’avons plus de nouvelles ». Malgré tout, la jeune Grâcieux-Hollognoise, aujourd’hui avocate à Bruxelles, ne regrette rien, et recommande chaudement à ceux qui hésiteraient de se lancer.

« D’une part, c’est une expérience qui nous change humainement, on n’imagine pas ce qu’un chien peut apporter à notre quotidien, avant d’en avoir un. D’autre part, c’est une très belle façon de rendre service, on retire une certaine fierté de permettre à une personne aveugle ou malvoyante d’améliorer considérablement son quotidien »

Et si on ne se sent pas de s’engager sur la durée? Sachez qu’Entrevues cherche également des « familles de vacances » pour chien guide, soit des personnes possédant un jardin et désireuses d’accueillir un chien durant une période définie, ainsi que des familles retraites, souhaitant offrir une retraite apaisante aux chiens guides seniors. Envie de vous engager? Retrouvez-plus d’informations sur la marche à suivre ici.

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Photo de couverture: Unsplash / Berkay Gumustekin

 

Journaliste politique, lifestyle et société pour Flair Belgique, Kathleen écrit également pour Le Vif, Le Vif Weekend, VICE ou encore Wilfried, et partage sa vie ainsi que la gestion de Boulettes Magazine avec Clem, son fiancé et co-rédacteur en chef. Passionnée de lecture et d'écriture depuis son plus jeune âge, cette Liégeoise au tempérament voyageur a fondé Boulettes Magazine en 2015 avec sa meilleure amie, Juliette Salme.