Boulettes Magazine

Le magazine gourmand de découvertes
TOP
Immobilier Liège DR Boulettes Magazine

Les 9 supplices de tout qui cherche à acheter à Liège

Prenez les douze travaux d’Hercule, faites-leur rencontrer le supplice de Sisyphe et vous obtenez la réalité malheureusement pas mythologique du marché de l’immobilier à Liège, duquel seuls les aventuriers les plus patients émergent avec, en main, la clef des gagnants. 

Devenir propriétaire à Liège? Beaucoup l’ont tenté, mais ils sont de plus en plus rares à y parvenir, et encore, au prix de l’affrontement de ces neuf supplices qui feraient presque passer les douze travaux d’Hercule pour de la gnognote. Garde-le, va, ton taureau de Minos, mariole, et vois plutôt ce qui t’attend si tu l’oses.

1) L’emballement du marché post confinement

OK, ça ne se limite pas à Liège, loin de là, mais disons que même si on salue l’audace, demander « offre à partir de 387.000€ » pour une ruine à Droixhe, ça fait particulièrement mal. Vous nous direz, au moins, ça annonce la couleur d’emblée: si vous pensez ne pas être venus pour souffrir, vous vous trompez.

via GIPHY

2) L’approche artistique de la géographie

Les agents immobiliers à Liège ont visiblement la même approche du territoire que les Français, qui, à moins d’habiter Marseille, se revendiquent tous de « la région parisienne ». Dans la Cité ardente, c’est pareil, Cointe s’étendant de Sclessin à Saint-Nicolas s’il faut en croire les annonces. Le pire, c’est qu’on a beau savoir, on se fait quand même avoir. Et c’est pareil pour Embourg ou les Vennes.

via GIPHY

3) Le menti sur Saint-Léonard

Attention hein, c’est un quartier rempli d’âme où il fait bon habiter, mais le côté « splendide maison de maître », « luxe accessible » et puis derrière, les vieux de la vieille qui ânonnent depuis trente ans que « non mais le quartier est en plein boom », pardon, mais non. Deux mots: dépôts sauvages. Ça n’empêche pas d’y vivre heureux, mais n’importe quelle annonce qui veut faire croire que vous y serez roi/reine dans le manoir vous ment.

via GIPHY

4) La frénésie des Vennes

OK, le quartier n’est pas si grand, et les maisons à prix accessible qui y sont en vente sont relativement rares. Mais tout de même, ça ne devrait pas être permis pour un bien d’être en ligne 24h max avant d’avoir déjà une option dessus. Qui les achète, la descendance de Vif Argent?!? On aimerait avoir au moins le temps de faire semblant qu’on peut se l’offrir avant que l’annonce disparaisse. Merci.

via GIPHY

5) La rue de Campine

Saloperie. Avec toutes ses façades super charmantes, ses petits jardins en pente, la promesse de la proximité avec le centre. Et notre cerveau qui, par tous ces avantages alléché, oublie de fois en fois que non seulement, rares sont les maisons qui y ont un garage, qu’il est virtuellement impossible de s’y garer, mais qu’en plus, le trafic incessant reproduit à merveille le bruit du cycle essorage de la machine à laver. Mais les façades sont franchement charmantes hein, faut pas croire!

via GIPHY

(*charmantes, donc, pas gentilles ici)

6) La taxe Cointe

À notre connaissance, pas plus effective dans le code de l’urbanisme que la taxe Embourg. Dans les faits, pourtant bien réelle, et calculée en prenant le prix que le bien devrait valoir normalement et en lui ajoutant au bas mot 30%. Le prix de l’entre-soi, paraît, sans rancune la plèbe!

via GIPHY

7) Les oublis stratégiques

OK, tout qui est né à Liège aurait bien du mal à oublier que plusieurs semaines/mois par an, les habitants des alentours de la place St-Lambert/du boulevard d’Avroy/de la place Delcour/… ont le (dé)plaisir d’être à l’épicentre de festivités 𝚋̷𝚛̷𝚞̷𝚢̷𝚊̷𝚗̷𝚝̷𝚎̷𝚜̷ bouillonnantes. Mais bon, imaginez, vous êtes un businessman New-Yorkais, vous cherchez (pourquoi pas?) un pied-à-terre en Cité ardente, et vous le réalisez seulement après avoir déménagé. Avouez, vous êtes dégoûté.

via GIPHY

8) L’interprétation de la gentrification

Quand les agents immobiliers de Brooklyn ont utilisé le terme dans leurs annonces au début des années 2000, ils voulaient dire « no worries, d’ici quelque mois le quartier sera méconnaissable, la valeur de votre loft aura quintuplé et il y aura tellement de coffee shops pour barbus en fixie et chemise à carreaux que vous ne saurez pas lequel choisir ». À Liège, c’est un synonyme de « on vend la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais on a bon espoir de l’apercevoir un jour et de voir si on arrive à lui faire la peau ». Voir aussi point 3.

via GIPHY

9) Les farces du cadastre

Revenu cadastral de 12,50 par an pour votre quatre façades avec piscine à Cointe et de 1.387,94€ pour une maison ouvrière deux façades à Herstal. Cherchez pas, c’est incompréhensible, mais au moins ça a le mérite d’être drôle, enfin à condition d’aimer rire jaune.

via GIPHY

Une version antérieure de cet article mentionnait “L’effet Engel & Völkers”.

Plus de listes qui se veulent drôles mais ne feront pas rire tout le monde: 

 

Chargée de la rubrique "La Semaine" du Vif Weekend, Kathleen prête également sa plume à Flair, VICE, Le Vif ou encore Wilfried, avec une préférence pour les sujets de société et politiques. Mariée avec Clément, co-rédacteur en chef de Boulettes Magazine, elle a fondé avec lui le semestriel SIROP, décliné à Liège et Bruxelles en attendant le reste du pays.